Fin de vie : « Les politiques complètement décalés »

Vous entendez, avec l’association ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) que vous présidez, imposer dans le débat public la question de l’euthanasie, le suicide assisté et l’accès universel aux soins palliatifs. Pourquoi est-ce si difficile ?
Jean-Luc ROMERO : « Le problème avec ces questions, c’est que les politiques ne s’y intéressent jamais. Il faut un drame comme l’affaire Humbert pour qu’on s’interroge. Mais de toutes les questions de sociétés, celle-là est celle qui mobilise le plus les Français. L’ADMD que je préside est la plus importante association de France avec 48 000 adhérents et 120 délégations. Nous voulons que les candidats à la présidentielle et aux législatives se déterminent clairement. » Continuer la lecture

Publié dans En français, Fin de Vie, Langue/Language, Société | Laisser un commentaire

Un jour comme un autre …

Il neige dans les Alpes. Je suis dans le train direction Zurich et je vais assister à un accompagnement par Exit. Je vais voir une personne mourir. Je pense à elle, mais je ne la connais pas encore. Je sais qu’elle a quatre-vingt-huit ans, qu’elle est dans une maison de retraite avec son mari et qu’elle est complètement paralysée depuis quatre ans à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Elle ne peut même plus utiliser ses mains, donc elle a besoin d’aide 24 heures sur 24. Elle ne peut pas manger toute seule ni même se gratter le nez. Quatre ans, c’est long quand on est enfermé dans un corps immobile et qu’on a encore toute sa tête. Madame B. n’en peut plus et demande une aide à mourir. Elle est membre d’Exit depuis une vingtaine d’années. Son mari aussi. Malheureusement il est atteint de démence sénile et ne pourra pas bénéficier d’une aide à mourir car il n’est plus capable de discernement. Il a quatre-vingt-quatorze ans. En Suisse, c’est le patient qui est le décisionnaire dans ce moment crucial de sa vie. Pour cela il est impératif qu’il soit lucide et capable de répondre par oui ou par non aux questions qui lui seront posées.

Je rencontre l’accompagnatrice d’Exit à la gare de Zurich. Je ne la connaissais pas et pourtant je me suis avancée vers elle sans hésiter. Elle avait un visage doux et grave, empreint de bonté et d’humanisme.

Nous avons pris le tramway et nous sommes arrivées assez rapidement à la maison de retraite dirigée par la ville de Zurich. Un endroit avenant, simple mais accueillant. Rien à voir avec les mouroirs que j’ai l’habitude de voir en France. Et surtout il n’y avait pas cette odeur horrible d’eau de javel et d’urine qui caractérise les maisons de retraite que j’ai visitées en France et en Allemagne.

Le directeur de la maison de retraite, un homme jeune et sympathique, nous a reçues. La conversation étant en Suisse Allemand, j’ai dû faire un effort pour comprendre, mais j’y suis arrivée. Au bout de quelque temps, l’oreille s’habitue et si on parle déjà le « Hochdeutsch », l’allemand classique, on arrive à comprendre le Suisse Allemand qui est un dialecte alémanique.

En tout cas, le directeur de la maison de retraite ne semblait pas particulièrement choqué par la présence d’Exit. Il nous a juste demandé de faire en sorte que les pompes funèbres se garent un peu en retrait pour ne pas effrayer le personnel soignant ni les autres pensionnaires.

Nous sommes montées ensuite dans l’appartement occupé par Monsieur et Madame B. . Elle est dans son lit, le visage pâle, le regard clair. Elle est très fatiguée. Son mari est agité, il a l’air d’avoir compris ce qui allait se passer et il veut partir, lui aussi, avec sa femme qu’il appelle : « Mami ». Il pleure. Leur fille est là, elle aussi. C’est leur fille unique. Elle est d’accord avec la décision de sa maman. Ses enfants de dix-neuf et vingt ans, un garçon et une fille, sont d’accord, eux aussi. Mais ils ne sont pas présents.

L’accompagnatrice d’Exit pose plusieurs fois la même question à Madame B. : « Vous savez que quand vous aurez bu cette potion vous allez mourir ? La mort est irréversible. Êtes-vous toujours d’accord ? Vous pouvez changer d’avis. Je repartirai et rien ne se passera. ». Chaque fois, Madame B. répond clairement que oui .

Sur les murs, il y a des photos de famille, des petits-enfants, d’elle et de son mari dans la force de l’âge. Je regarde les photos attentivement. Ce bel homme souriant et vigoureux est devenu un vieillard chétif et tremblant, qui ne demande qu’à partir avec sa femme mais qui n’a pas su malheureusement l’exprimer quand il aurait pu le faire, c’est-à-dire pendant qu’il était encore en pleine possession de ses facultés intellectuelles et cognitives.

Madame B doit d’abord prendre l’anti-émétique pour ne pas vomir.

Comme elle ne peut pas se servir de ses mains, l’accompagnatrice tient le gobelet et elle boit avec une paille. Et puis il faut attendre vingt minutes pour que l’ anti-émétique fasse effet. Nous sortons de la chambre pour laisser la famille seule.

Madame B a tenu bon pendant quatre ans. Son mari aurait pu prendre la même décision qu’elle car lorsqu’elle a eu son accident, il était encore lucide.

Je me demande qui peut vraiment être contre la décision d’une femme de quatre-vingt-huit ans d’abréger ses propres souffrances ?

Le pasteur protestant de la maison de retraite est monté dans sa chambre et lui a dit qu’elle n’avait rien à se reprocher.

Elle a ensuite bu le produit létal avec une paille sans broncher et elle s’est endormie au bout de quelques minutes. Un quart d’ heure plus tard son cœur avait cessé de battre.

Les médecins légistes et la police sont arrivés et sont restés assez longtemps à délibérer dans la chambre.

Je regarde les photos dans le salon et je sens à la fois tristesse et soulagement. Je suis persuadée que cette manière de mourir est plus douce que les longues agonies induites par l’application de la loi française qui n’accélère pas la mort mais laisse les patients dans une sorte de coma très difficile à vivre pour les proches.

Les hiérarchies religieuses de tous bords nous condamnent sans penser qu’elles ont béni les canons de part et d’autre pendant les deux dernières guerres mondiales. Les jeunes gens de dix-huit ou vingt ans mouraient pour la patrie des deux côtés et n’avaient aucune raison de tuer leurs voisins si ce n’est l’ordre arbitraire de les considérer comme des ennemis…

Lorsque nous décidons d’aider notre vieux chien à partir pour lui éviter de souffrir d’avantage, nous ne lui demandons pas son avis non plus. Mais là, c’est la compassion qui dicte notre acte tout comme cette compassion qui nous pousse à abréger les souffrances d’un être humain lorsqu’il le demande.

En Suisse, cela paraît évident. En France, on ne fait pas de différence entre un crime violent et un acte de compassion. Sommes-nous une démocratie laïque, humaniste, respectueuse des Droits de l’Homme ou nous laissons-nous dicter nos lois par le Vatican ou les lobbies pharmaceutiques ?

Parfois je me pose la question.

Je reprends le train pour la montagne et je pense que c’ est ainsi qu’ il faut être traité , même quand on est incapable de bouger. Il faut être pris au sérieux. En France ce sont les médecins qui décident de ce moment si important dans la vie de chacun de nous. Et nous qui militons pour avoir une loi républicaine, respectueuse de la volonté de chacun, on nous traite d’ assassins !!!!

Publié dans En français, Fin de Vie, Langue/Language, Personal Thoughts | Laisser un commentaire

Mother with rare cancer registers at Dignitas clinic… despite objections from her own SON

A teenage boy has made a heartfelt plea to his cancer-stricken mother for her not to register at the Dignitas assisted suicide clinic.
Katherine Lennard, 55, has signed up to the controversial Swiss centre to end her life if she becomes too ill to care for herself.
But while the 55-year-old’s husband and elder son have backed her decision, the former primary school teacher was told by her other son Tommy, 17, that signing up to the clinic is ‘morally wrong’.
Mrs Lennard, who is campaigning for a change in assisted suicide laws, was told by her younger son: ‘I think it’s morally wrong.’
‘I don’t think it’s right to end your own life – it feels like giving in.
‘But I do accept that people should have the choice.’ Continuer la lecture

Publié dans Fin de Vie, In english, Langue/Language, Philosophie, Société | Laisser un commentaire

British courts give green light for assisted dying case

Lawyers acting for a stroke victim in Britain have been given approval by the High Court in London to prepare a case asking for judicial review of the guidance on prosecution for assisted suicide released in 2009 by Keir Starmer, the Director of Public Prosecutions (DPP). The claimant seeking judicial review—known only as ‘Martin’—is a man in his mid forties with locked-in syndrome and can only communicate by eye movements. He believes his life to be « undignified and intolerable », and he is completely dependent on his wife and full-time carers. Continuer la lecture

Publié dans Fin de Vie, In english, Langue/Language, Philosophie, Société | Laisser un commentaire

Euthanasia ‘must always be prohibited’, rules Council of Europe

The Council of Europe has ruled that euthanasia and assisted suicide should be banned in every country across the Continent.
In a declaration that will have huge implications on human rights laws in its 47 member countries, the Strasbourg-based organisation announced that such practices ‘must always be prohibited’.
The move will represent a major setback to assisted dying campaigners in the UK who want Britain to follow Holland, Belgium and Switzerland in allowing doctors to help to end the lives of their patients.
The explicit condemnation of euthanasia was inserted into a non-binding resolution entitled ‘Protecting Human Rights and Dignity by Taking Into Account Previously Expressed Wishes of Patients’. Continuer la lecture

Publié dans Fin de Vie, In english, Langue/Language, Philosophie, Société | Laisser un commentaire

Euthanasie : les quatre questions que pose la proposition de Hollande

Jean Mercier et le docteur Nicolas Bonnemaison, ces deux hommes ont récemment relancé le débat autour de l’euthanasie. Le premier, 83 ans, est poursuivi pour « homicide volontaire » et « non-assistance à personne en danger » pour avoir aidé en novembre sa femme malade à mettre fin à ses jours. Le second, médecin urgentiste à Bayonne, est mis en examen pour l’ »empoisonnement » de sept personnes. Il est soupçonné d’avoir permis la mort de neuf patients.

Alors que la présidentielle approche, le débat sur la fin de vie revient donc sur le devant de la scène. Le timing est parfait : jeudi 26 janvier, le candidat socialiste François Hollande en a aussi fait l’une de ses promesses de campagne, lors de la présentation de ses « 60 engagements pour la France ». Se dirige-t-on vers une légalisation de l’euthanasie ? Eléments de réponse, en quatre points.

• Que propose le Parti socialiste ? Continuer la lecture

Publié dans Fin de Vie, In english, Langue/Language, Philosophie, Politique | Laisser un commentaire

Right-to-die man wins first step in legal battle

A man who was virtually paralysed by a stroke has won the first step in his legal bid to pursue his right-to-die.

Known only as Martin, he would require professionals to help as his wife has said she will not assist him.

But current guidance suggests they may be prosecuted, where loved ones would not, and Martin’s case is this discriminates against him.

This High Court judgement means lawyers and doctors can discuss assisted dying with him, but only to prepare his case.
Continuer la lecture

Publié dans Fin de Vie, In english, Langue/Language, Philosophie, Société | Laisser un commentaire

Call for providers to set out assisted suicide policy

Protection advisers have called on life companies to clarify whether they will pay out in cases of assisted suicide.

Zurich, Aviva, Aegon, Friends Life, PruProtect, Bright Grey, LV= and Ageas Protect all confirm they do not have any exclusions for assisted suicide cases and say each case would be treated on an individual basis.

It is illegal in the UK to help someone with a terminal illness end their life, meaning many people travel to Switzerland or elsewhere in Europe where there are more liberal laws.

Earlier this month, the Independent Commission on Assisted Dying published a report calling for assisted suicides to be legalised for people with certain terminal illnesses. Continuer la lecture

Publié dans Fin de Vie, In english, Langue/Language, Philosophie, Société | Laisser un commentaire

Disabled man’s bid to end his life with ‘dignity’ is ‘not for the courts decide’

A severely disabled man who wants to die should not even be allowed to ask the courts to give permission for a doctor to kill him, the High Court in London heard yesterday.

Tony Nicklinson, from Melksham, Wiltshire, is asking senior judges to declare that anyone who intervenes to end his life with ‘dignity’ would not be charged with a crime.
The case would have serious repercussions for the laws on euthanasia, and lawyers for the Government, which is challenging the case, said it was not for the courts to decide on the issue, but Parliament to change the law instead.

David Perry QC, representing the Ministry of Justice, applied for the case to be ‘struck out’ of the High Court yesterday before it is even heard, arguing that Mr Nicklinson’s case was an open and shut one. Continuer la lecture

Publié dans Fin de Vie, In english, Langue/Language, Philosophie, Société | Laisser un commentaire

New bid to allow assisted suicide

A fresh attempt to legalise assisted suicide in Scotland has been launched, with proponents arguing the weight of public opinion is on their side.

Veteran politician Margo MacDonald unveiled a new consultation on the issue a year on from the defeat at the Scottish Parliament of her first bid to give people the right to choose when to die.

Ms MacDonald, Scotland’s only independent MSP, said she has « learned lessons » from her previous attempt and is proposing a « clearer, more straightforward process ».

Among the new proposals being put forward is a suggestion that a trained « licensed facilitator » – a so-called « friend at the end » – would have to be present when someone is at the point of ending their own life. Such a measure is primarily aimed at making sure any fatal medication is taken correctly. Continuer la lecture

Publié dans Fin de Vie, In english, Langue/Language, Philosophie, Société | Laisser un commentaire